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Être missionnaire de la joie dans une société pluraliste,
avec F. Brancaccio

Conférence-débat, récollection et ateliers avec le père Francesco Brancaccio. Prêtre, docteur en théologie (université Grégorienne de Rome) et maître en droit canonique (université de Strasbourg), il s’intéresse tout particulièrement aux rapports entre christianisme et société contemporaine. Il est vicaire épiscopal pour la Culture de l’Archidiocèse de Catanzaro-Squilace en Calabre.

Vendredi 20h00 : Conférence-débat « la laïcité, une notion chrétienne »

L’Eglise ou l’Etat ? Agir en chrétien ou en citoyen ? Imposer, dans la cité, sa foi face aux raisonnements ou jeter la croyance aux oubliettes ? Ce choix est dépassé. Dans un Occident où le fait religieux demeure une des ressources profondes de l’identité et de l’unité des peuples, approfondir la notion de laïcité s’avère essentiel. Car nous sommes à l’heure de « l’exercice pratique » de la laïcité, comme le suggère le pape François.

La conférence sera complétée par le chanoine Eric de Beukelaer pour cerner les différences entre laïcité à la française et laïcité à la belge. S’en suivra un débat.

D’une laïcité non pas vindicative, non pas exclusive mais inclusive qui rend possible le vivre ensemble dans « la maison commune » au nom de la dignité de la personne. L’Eglise catholique, avec Jean Paul II, Benoît XVI et François, chacun au regard des enjeux de son temps, a définitivement ouvert la voie d’un dialogue réel et vital entre les institutions civiles et les religions. Comment ? C’est ce que nous retrace dans ce brillant essai, à la fois clair et minutieusement documenté, Francesco Brancaccio : de la religion comme ressource de la production du droit à la laïcité entendue comme espace commun, en passant par l’épreuve de la relation entre l’Eglise et l’Etat en France.

Un parcours historique, juridique et doctrinal fondamental. Un livre pour tous les chrétiens engagés dans le monde.

Samedi 9h00-17h00 : Journée de récollection « Être disciples-missionnaires de la joie »

La spiritualité d’un petit trait-d’union…

Il faut l’avouer : parmi nous les chrétiens il n’est pas rare d’imaginer notre rapport avec le Seigneur Jésus surtout dans la forme d’un ressourcement intérieur, d’un besoin de l’âme, d’une relation individuelle. En plus, dans notre contemporanéité, les exigences de la laïcité ont fini par favoriser le sentiment d’un christianisme plutôt intimiste et caché dans l’intériorité. Il va de soi que l’intimisme du disciple alimente une sorte de tranquillité, mais il n’allume pas la joie de la communion et de la mission.

Le besoin d’intériorité n’est pas exclu dans notre rapport avec le Seigneur, bien sûr, il est même nécessaire. Jésus lui-même appelait souvent ses disciples à se retirer avec lui. Et pourtant dans sa nature le christianisme est mission, ouverture, extroversion. Se communiquer, c’est une exigence de l’amour de Dieu. Les disciples de Jésus étaient aussi bien des missionnaires.

Et alors, nous on est plutôt disciples ou missionnaires ? Ou est-ce que nous pourrions ajouter ces qualités l’une à l’autre ? Être disciples et missionnaires ? Le pape François nous offre une idée très claire à propos de cela : « Tout chrétien est missionnaire dans la mesure où il a rencontré l’amour de Dieu en Jésus Christ; nous ne disons plus que nous sommes ‘disciples’ et ‘missionnaires’, mais toujours que nous sommes ‘disciples-missionnaires’ » (Pape François, Evangelii Gaudium, 120).

« Disciples-missionnaires », donc. Ce petit trait d’union a la capacité de concentrer notre identité chrétienne, qui, ayant sa source dans une rencontre personnelle avec le Seigneur, ne peut que la proposer aux autres, avec joie et avec respect.

Dans notre retraite nous nous plongerons dans la situation des premiers disciples, eux qui, au moment de leur première rencontre avec Jésus, ont la joie d’aller proclamer : «Nous avons trouvé le Messie ». Et puis nous irons chercher la Samaritaine, qui laissant sa cruche au puits de Jacob, revient à la ville dire au gens : « Ne serait-il pas le Christ ? ». Où encore nous suivrons les premiers pas de Saint Paul, qui, après sa conversion, « aussitôt se mit à prêcher Jésus ». L’exhortation Evangelii Gaudium nous offrira le fondement et le contexte de notre réflexion.

En partenariat avec la librairie Siloé de Liège, deux ouvrages seront en vente : celui du P. Francesco le vendredi soir et celui du Pape François le samedi (Evangelii Gaudium, édition de notre Diocèse).

Francesco Brancaccio, La laïcité, une notion chrétienne, Paris, Cerf, 2017
Résumé du livre

L’Église ou l’État ? Agir en chrétien ou en citoyen ? Imposer, dans la cité, sa foi face aux raisonnements ou jeter la croyance aux oubliettes ? Ce choix est dépassé. Dans un Occident où le fait religieux demeure une des ressources profondes de l’identité et de l’unité des peuples, approfondir la notion de laïcité s’avère essentiel. Car nous sommes à l’heure de « l’exercice pratique » de la laïcité, comme le suggère le pape François. D’une laïcité non pas vindicative, non pas exclusive mais qui rend possible le vivre ensemble dans « la maison commune » au nom de la dignité de la personne. L’Église catholique, avec Jean Paul II, Benoît XVI et François, chacun au regard des enjeux de son temps, a définitivement ouvert la voie d’un dialogue réel et vital entre les institutions civiles et les religions. Comment ? C’est ce que nous retrace dans ce brillant essai, à la fois clair et minutieusement documenté, Francesco Brancaccio : de la religion comme ressource de la production du droit à la laïcité entendue comme espace commun, en passant par l’épreuve de la relation entre l’Église et l’État en France. Un parcours historique, juridique et doctrinal fondamental. Francesco Brancaccio nous fait entrer progressivement dans ce mouvement alternatif et paradoxal de la laïcité qui tend de plus en plus à rejeter l’Église et la chrétienté, qui reconnaît et revendique une « laïcité positive ». Un livre pour tous les chrétiens engagés dans le monde.

Après avoir défini dans son introduction la conception du mot laïcité par l’État et par l’Église, il détermine que la laïcité est l’espace commun entre les deux et non une frontière qui les sépare (cf. p. 20). Le livre est divisé en trois sections. Pour appuyer son propos, F. Brancaccio repart de la doctrine des trois derniers papes sur ce sujet. Il essaye d’accentuer la spécificité que chaque pape a apportée au mot laïcité ou à son équivalent. L’auteur accorde une place de choix à Benoît XVI et évoque le dialogue, en 2004, entre le cardinal Ratzinger et le philosophe athée Habermas, ainsi que certains de ses discours, entre autres, à Ratisbonne, aux Bernardins à Paris ou au Reichstag à Berlin.

La deuxième section est consacrée à la laïcité vécue en France et cite, en plus de ces trois papes, les deux présidents de la République MM. Sarkozy et Hollande. Il insiste sur les deux qualificatifs « ouverte » et «positive » attribués au mot laïcité par M. Nicolas Sarkozy. Dans la troisième section, l’auteur s’interroge sur la laïcité d’aujourd’hui et, en s’appuyant sur l’encyclique « Laudato Si » du pape François, il situe des réalités concrètes qui aident à bien vivre cette laïcité essentielle pour les deux sociétés : civile et religieuse. Dans la conclusion, F. Brancaccio valide ce qu’il percevait depuis son introduction, à savoir que l’Église et l’État ont en commun un espace et une exigence de liberté. En somme, la laïcité doit être inscrite dans le respect et le dialogue entre ces deux institutions. La laïcité est alors le cadre propice à ce dialogue si elle est prise pour ce qu’elle est vraiment ! Un ouvrage riche par sa documentation et ses notes et éclairant un thème d’actualité trop souvent ambigu. Il fait découvrir et comprendre le vrai sens de la laïcité destiné à chaque personne qui désire le bien-être commun dans la société contemporaine qu’elle soit civile ou religieuse.

Prêtre, docteur en théologie (université Grégorienne de Rome) et maître en droit canonique (université de Strasbourg), Francesco Brancaccio s’intéresse tout particulièrement aux rapports entre christianisme et société contemporaine.

Préface de Gérard Le Stang

Accès au livre :
https://www.editionsducerf.fr/librairie/livre/17870/la-laicite-une-notion-chretienne
https://itcspiox.academia.edu/FrancescoBrancaccio

Réinventer la laïcité au service de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.
Débat de 2017 aux mardis des Bernardins à Paris, avec Francesco Brancaccio

https://www.collegedesbernardins.fr/content/vivez-la-laicite-reinventer-la-laicite

L’avis de J. Burton s.j. sur le livre, dans NRT

Le titre est provoquant. Laïcité et « environnement chrétien » se pensent souvent en termes plus polémiques. Agissons nous en chrétien ou en citoyen ? Le « ou » est-il approprié ? Depuis Jean-Paul II, le dialogue catholique entre ces deux « institutions » est en quête de plus de sérénité. Le 25 nov. 2014, dans son discours au Parlement européen, le pape François ne disait-il pas en caractérisant les traits propres aux institutions de l’Union : « Les idéaux qui l’ont formée dès l’origine le montrent bien : la paix, la subsidiarité et la solidarité réciproque, un humanisme centré sur le respect de la personne » ? Cela définit un espace commun pour la laïcité et la chrétienté, où le citoyen peut être chrétien et où celui-ci peut agir en citoyen loyal. L’auteur prend position ni vindicative ni exclusive mais qui rend possible ce vivre ensemble. — Source: NRT Pour lire la critique complète: cliquez ici.

Ce que disent les derniers papes

« Pour le développement du droit et pour le développement de l’humanité, il a été décisif que les théologiens chrétiens aient pris position contre le droit religieux demandé par la foi dans les divinités, et se soient mis du côté de la philosophie, reconnaissant la raison et la nature dans leur corrélation comme source juridique valable pour tous. »
Benoît XVI, Discours devant le Bundestag.

« Il est donc urgent de définir une laïcité positive, ouverte, qui, fondée sur une juste autonomie de l’ordre temporel et de l’ordre spirituel, favorise une saine collaboration et un esprit de responsabilité partagée. »
Benoît XVI, Discours au Corps diplomatique, 11 janvier 2010.

« Le défi urgent de sauvegar er notre maison commune inclut la préoccupation d’unir toute la
famille humaine dans la recherche d’un développement durable et intégral. »
Pape François

« Soit toujours ressentie la nécessité d’une collaboration renouvelée, ayant pour but d’unir les
forces pour le bien de tous les citoyens. »
François, Discours au président de la République italienne.