Sanctuaire de Sainte-Julienne de Cornillon

De l'adoration eucharistique à la Fête Dieu à Liège

« Ubuntu : Les Sages Traditionnels du Burundi et l’humanisation des rapports sociaux, en Afrique et en Europe », avec le prof.-abbé Adrien Ntabona du Burundi

mardi 15 septembre 2026 à 19h00 dans la grande salle du sanctuaire de sainte Julienne, à Liège.

Ubuntu : quand la sagesse burundaise inspire le vivre-ensemble en Afrique et en Europe

Au cœur des collines du Burundi, une institution séculaire résiste aux soubresauts du temps et aux crises : les Abashingantahe. Ces sages traditionnels, reconnus pour leur intégrité morale, leur sens de la justice et leur attachement à la vérité, redéfinissent l’art du vivre-ensemble. Face à la crise du lien social contemporain, la pensée des sages traditionnels du Burundi, mise en lumière par le professeur et abbé Adrien Ntabona, offre une boussole précieuse pour réhabiliter l’humanisation des rapports, tant en Afrique qu’en Europe.

Figure incontournable de la sémio-anthropologie, le chercheur burundais rappelle que l’essence de l’humain réside dans sa capacité à tisser une communauté authentique. Loin de se limiter à des frontières nationales, leur modèle de médiation et d’humanisation des rapports sociaux offre aujourd’hui des perspectives d’une grande richesse, tant pour le continent africain qu’en écho aux sociétés européennes en quête de repères.

Une justice de proximité au service de la cohésion

Le terme mushingantahe désigne un membre de la communauté investi d’une autorité morale reconnue par ses pairs — un rôle aujourd’hui ouvert aux femmes. À la différence des magistrats de tribunaux classiques, ces médiateurs bénévoles ne cherchent pas à punir ou à désigner un coupable. Leur boussole est celle de l’Ubumwe (l’unité) et de l’interdépendance humaine, portée par la philosophie de l’ Ubuntu : « Je suis parce que nous sommes ».

Leur mission première consiste à restaurer l’harmonie et la cohésion sociale après un conflit, en privilégiant l’écoute et le dialogue au cœur des villages.

Un rempart pour la paix et la réconciliation en Afrique

Dans la région des Grands Lacs, marquée par les traumatismes politiques et ethniques, cette justice restaurative s’est avérée essentielle. Face aux limites des systèmes judiciaires modernes souvent hérités de la colonisation, les Abashingantahe ont agi comme un bouclier civique pour empêcher l’effondrement du tissu social. En privilégiant la réconciliation pour que les adversaires puissent continuer à cohabiter, ils incarnent une tradition endogène similaire aux tribunaux Gacaca au Rwanda ou à la justice transitionnelle sud-africaine, démontrant qu’une paix durable s’enracine d’abord dans les valeurs locales.

Un écho inattendu pour les sociétés européennes

Si la démarche peut sembler éloignée des réalités occidentales, l’Europe fait face à des défis similaires : engorgement des tribunaux, froideur des procédures administratives, individualisme exacerbé et isolement croissant. Le modèle des sages burundais propose des pistes de réflexion concrètes pour réinventer la médiation citoyenne et la justice de proximité.

Valoriser des figures de régulation sociale de proximité — qu’il s’agisse de délégués de quartier ou de médiateurs locaux respectés — permettrait de recréer de la confiance, de lutter contre la solitude urbaine et de tisser des liens intergénérationnels plus solides. Pour les diasporas africaines en Europe, ces repères culturels constituent enfin un pont précieux, facilitant la résolution pacifique des différends tout en s’harmonisant avec le cadre légal des pays d’accueil.

En plaidant pour un dialogue interculturel exigeant, Adrien Ntabona démontre que l’Afrique n’est pas seulement réceptrice, mais porteuse d’une sagesse universelle. Réconcilier modernité et valeurs ancestrales devient ainsi une urgence planétaire pour recoudre le tissu déchiré du vivre-ensemble.

Rencontre avec Abbé Adrien Ntabona au Sanctuaire de sainte Julienne de Cornillon,

1) « L’Ubuntu (Humanité réussie), ses roses et ses épines au Burundi. »
2) « Les Bashingantahe (Sages Traditionnels) : repères vivants de l’Ubuntu. »

Vendredi 28 juillet (19h)
Vendredi 15 septembre (19h)

1) présentation de 2 livres ;
2) session de Questions et réponses ;
3) réception cocktail.

L’abbé Adrien Ntabona est né en 1939. Il a été ordonné prêtre en 1966. En 1968, il obtint un doctorat en théologie à l’université urbanienne de Rome (option : Anthropologie). De 1971 à 2016, il a été responsable de la pastorale universitaire et de 1977 à 2016, Professeur des universités. Plus tard, en 1999 il a obtenu un doctorat en habilitation à diriger des thèses en sciences du langage à l’université de Toulouse-le-Mirail (Option : Sémio-anthropologie). Pour en savoir plus sur l’abbé Adrien Ntabona : http://akaranga.bi/index.php

Entrée : 7 EUR par adulte ou enfant (de 2+ ans) ou 25 EUR par groupe de 5+ adultes ou enfants (de 2+ ans)

Au profit de : https://www.saintejulienne.org/le-sanctuaire-de-sainte-julienne-de-cornillon/renovation-de-leglise/

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